Introduction à l'hypnose clinique












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L'hypnose


L'hypnose fait-elle une différence entre problèmes physiques et problèmes psychiques ?
Pour moi en tout cas, le plus important, c'est l'individu, la personne unique qui est là, devant moi et qui demande de l'aide. Et cette personne unique va me conduire à mettre en oeuvre une démarche unique. La possibilité d'être en harmonie avec soi - et ensuite avec autrui - dépend d'abord de la qualité de la communication que nous entretenons à la fois avec notre esprit et notre corps, éléments aussi interdépendants que les deux faces d'une pièce de monnaie. Accompagner un individu dans sa démarche d'épanouissement, c'est lui permettre de découvrir et de dépasser ses carences, ses limites, ses déformations, tant sur le plan physique que sur le plan psychique. Et puis, plutôt que de parler de "problème", je préfère parler d'expression, de symptôme. Ce qui gêne le patient, ce qui le fait consulter, c'est une limite qui peut prendre une expression physique ou une expression psychologique. Ne soyons donc pas réducteurs ; dans la forme même qui sera donnée à la thérapie, le thérapeute, en fonction de son école, mais aussi de son talent, de son art, de son intuition, de son relationnel avec le patient, peut choisir de passer par l'esprit, ou bien par le corps. Encore une fois, la thérapie, c'est quelque chose qui est toujours en mouvement et une séance ne ressemble pas à une autre séance.

L'hypnose serait donc au carrefour du corps et de l'esprit ?
Elle l'a toujours été et c'est ce qui fait sa richesse. Vous savez, le corps est le reflet fidèle des drames qui se déroulent au plus profond de nous. Par les rides, voussures, tics, crampes, tensions, il raconte notre histoire, traduit nos conflits. La médiation corporelle, je dirai que c'est l'ensemble des techniques qui lui permettent de s'exprimer enfin librement. Ce passage par le corps nous remet en phase avec nos sensations, il nous replace en situation d'écouter les messages venant de l'intérieur de nous. On n'a pas besoin de connaître de handicaps particuliers dans sa vie personnelle pour découvrir par exemple tous les bienfaits des techniques de relaxation. Nous avons tous besoin de nous réapproprier notre corps. Nous avons tous besoin de le découvrir ou de le redécouvrir, d'apprendre à y lire ce que le temps y a inscrit et de défaire les noeuds que la vie y a faits. Je vais encore faire le parallèle avec un instrument de musique. Le temps, l'humidité, le soleil, les chocs... désaccordent l'instrument et il faut intervenir sur lui pour retrouver une belle sonorité. Eh bien, le corps a lui aussi besoin, parfois, d'être "réaccordé" pour interpréter avec bonheur la symphonie de la vie.

C'est tout de même curieux que cette discipline thérapeutique traîne encore derrière elle une telle odeur de soufre...
C'est vrai, il y a derrière l'hypnose quantité de peurs, de préjugés, d'idées reçues ! Et cela, depuis toujours ! C'est une discipline qui suscite des positions très peu nuancées ! D'un côté, c'est l'adhésion et l'enthousiasme, de l'autre c'est le rejet.

Comment expliquez-vous cela ?
Probablement parce qu'il y a derrière le mot hypnose deux notions qui font peur ou qui mettent mal à l'aise : la notion d'inconscient, et la notion de pouvoir. L'inconscient d'abord : c'est un univers mal connu, n'est-ce pas ? C'est comme le sommeil, on en rapporte peu de choses, et on continue à se demander ce qu'il y a dans ce fameux inconscient, tout comme on se demande ce qu'il y a dans ce mystérieux état hypnotique... Ensuite, il y a le pouvoir, cette idée qui a la dent dure selon laquelle l'hypnotiseur pourrait faire faire ce qu'il voudrait à la personne hypnotisée. C'est faux, bien sûr, mais c'est comme la rumeur : elle court, elle court...

Que diriez-vous de l'hypnose aujourd'hui ?
Je dirai que, malgré sa longue histoire, c'est une méthode de traitement moderne dont le champ d'intervention est très vaste. Les résultats souvent spectaculaires qu'elle permet d'obtenir, la réponse rapide qu'elle peut apporter à de nombreux troubles somatiques ou psychologiques, expliquent son succès. Elle excelle dans tant de domaines ! pédiatrie, gynécologie, sexologie, dermatologie, cardiologie, gastro-entérologie, rhumatologie, pneumologie, oto-rhino-laryngologie, neurologie...

Mais plus précisément, dans quels troubles peut-on faire appel à l'hypnose ?
Sans que cela soit exhaustif, on peut citer les résultats remarquables des thérapies par hypnose dans les états dépressifs, les angoisses et les phobies, les dépendances au tabac ou à l'alcool, les troubles du comportement alimentaire, les troubles de la sexualité, la lutte contre la douleur, la gestion du stress, la préparation à l'accouchement, la préparation aux examens et aux compétitions sportives..., et aussi dans un vaste éventail de pathologies psychosomatiques. Enfin, si on considère le champ de la traumatologie psychique, l'aspect régressif de l'hypnose nous permet de nous réapproprier notre passé en en revivant les épisodes douloureux pour enfin les intégrer, et nous donne ainsi la possibilité d'écrire une nouvelle page de notre vie. Qu'il s'agisse de l'état hypnotique lui-même, réparateur et reconstructeur, ou de l'imagerie mentale mise en oeuvre avec l'aide du thérapeute, il FAUT dire que l'hypnose ouvre la porte à des changements profonds dans tous les domaines de la vie de l'individu.

A vous entendre, on dirait que l'hypnose peut répondre à tous les maux !
Pas du tout ! Ce n'est ni une panacée, ni une baguette magique ! Force est pourtant de constater qu'elle permet d'obtenir des résultats souvents très étonnants. De plus en plus de médecins, chirurgiens, dentistes, psychologues... s'accordent sur le fait que l'hypnose donne en thérapie des résultats tout à fait probants dans de nombreux domaines médicaux et psychologiques. Il y a aujourd'hui en BELGIQUE des hôpitaux dans lesquels on pratique des interventions chirurgicales parfois lourdes avec une "anesthésie" par hypnose. De plus en plus de dentistes utilisent des techniques très simples d'hypnose pour intervenir sans douleur. Et tout cela n'est pas nouveau mais notre pays qui, pourtant, a été précurseur, est aujourd'hui en retard.

Il est vrai aussi qu'il n'y a pas beaucoup d'hypnothérapeutes...
Tout à fait, et il y a un nombre infime d'hypnoanalystes !

Il est vrai aussi que, dans une approche thérapeutique aussi délicate, le public hésite parfois à aller consulter un praticien si celui-ci ne lui a pas été recommandé...
Cela se comprend parfaitement et c'est très bien ainsi ! L'hypnose est un domaine où la confiance la plus claire doit présider à la relation entre patient et thérapeute.