Introduction à l'hypnose clinique






















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Les thérapies par hypnose


Le public se pose beaucoup de questions sur l'hypnose. Vous voulez bien éclairer un peu notre lanterne ? Qu'est-ce qu'on ressent pendant une séance d'hypnose ?
Du bien-être, un grand calme, une grande détente. On se sent tellement bien qu'on trouve toujours le temps trop court et qu'on regrette de devoir "revenir".

Est-ce que je vais rester conscient et me souvenir de tout ?
La plupart du temps, c'est comme si une partie de vous restait là tandis qu'une autre partie allait gambader dans un autre état de conscience. A la fin de la séance, vous pouvez vous souvenir de tout ce qui s'est passé, ou bien seulement d'une partie. Il y a peu de cas d'amnésie totale.

C'est vrai que vous pourrez me faire faire n'importe quoi ?
Bien sûr que non ! Nous avons en nous un gardien qui veille sur notre morale, nos valeurs. Si le thérapeute vous demande de faire quelque chose qui va à l'encontre de votre morale, vous ne le ferez pas, ou bien vous vous "réveillerez". En hypnose, nous pouvons faire des choses réellement prodigieuses, mais on ne nous fait pas faire quelque chose que nous ne voudrions pas faire. En revanche, l'hypnose vous permet de réaliser des choses que vous ne pouviez pas réaliser auparavant, ou d'exprimer des choses que vous ne pouviez pas exprimer.

Combien de temps dure une séance ?
C'est variable ; une demi-heure à quarante-cinq minutes, mais en fait, peu importe la durée ! On peut obtenir autant de résultats en dix minutes qu'en une demi-heure.

Qu'est-ce que vous allez me faire pendant la séance ?
Il y a plusieurs façons d'utiliser l'hypnose. Il y a tout d'abord une hypnose dans laquelle le patient demeure (a priori !) passif. Je veux dire par là que c'est le thérapeute qui parle, qui apporte des informations, des suggestions, des métaphores... Le patient est le jardin, je suis le jardinier.

Mais vous allez aussi me faire parler ?
Pas forcément ! Parfois oui, et parfois non. Il y a des techniques hypnotiques dans lesquelles le thérapeute interroge la personne, ou du moins son inconscient. Nous partons à la recherche d'informations qui permettront au patient de progresser, de trouver des solutions, de surmonter des obstacles. Il y a aussi une hypnose plus ludique dans laquelle nous laissons à l'imaginaire du patient la bride sur le cou. C'est un outil particulièrement efficace d'évolution personnelle.

Et les régressions ?
L'hypnose régressive constitue un outil essentiel du champ de la traumatologie psychique. Elle fait partie des outils majeurs dans une hypnoanalyse. C'est une des formes de cette hypnose plus active que je viens d'évoquer. On a recours à elle lorsque la difficulté rencontrée aujourd'hui (ou le symptôme) semble être l'écho d'un événement passé, ou de plusieurs. Dans ce cas, le fait de remettre en parallèle le symptôme et l'événement qui lui a donné naissance rend le symptôme inutile et le fait disparaître. Ceci est bien sûr un résumé...

Qu'est-ce que l'hypnose sèche ?
C'est l'utilisation de l'état hypnotique lui-même, et non plus des suggestions du thérapeute, pour permettre au patient de trouver une solution à sa difficulté. L'état hypnotique est en effet en lui-même réparateur, reconstructeur. C'est un peu comme si l'inconscient profitait de cet état pour reconstituer un puzzle dont les pièces ont été éparpillées. C'est pour moi l'hypnose la plus pure. Mais il y a très très peu de praticiens qui savent utiliser cette approche. Elle nous vient des pays de l'Est et il est possible de la rendre considérablement plus efficace qu'elle l'était il y a quelques 40 ou 50 ans.

On parle aussi parfois d'hypnose sans hypnose. De quoi s'agit-il ?
C'est une forme d'hypnose particulière, que l'on appelle aussi hypnose conversationnelle. Tout se passe sans induction apparente ; le patient reste assis et continue de dialoguer avec le thérapeute. Pourtant, celui-ci utilise des outils qui permettent d'induire un état de conscience différent, dans lequel le travail thérapeutique peut tout de même avoir lieu. Tout au long de la séance, le patient réalise des progrès, trouve des solutions, retrouve des souvenirs... A la fin de la séance, il n'a pas l'impression d'avoir été hypnotisé. Pourtant, certains signes évidents lui montrent qu'il s'est passé quelque chose d'inhabituel. Mais pour tout vous dire, ce n'est pas ma tasse de thé...

Combien de temps dure une thérapie ?
Sauf dans quelques cas précis, on ne le sait pas. Vous êtes un individu unique et votre thérapie sera donc unique. Ceci dit, par rapport à la plupart des approches thérapeutiques, l'hypnose est unanimement considérée comme une thérapie brève. Une thérapie symptomatique peut durer de une à dix séances, une hypnoanalyse de quelques mois à plusieurs années.

Pourquoi dit-on qu'il est préférable de régler les séances en espèces ?
Ce point est effectivement important et il est bon de connaître l'origine de la chose. Depuis maintenant plus d'un siècle, les psychothérapeutes se sont rendu compte que la valeur accordée par le patient au travail qui s'accomplit pendant une séance doit trouver son pendant dans la forme du règlement. Un chèque, même si tout le monde sait qu'il représente de l'argent, ce n'est jamais qu'un bout de papier. Sa valeur "affective", pourrait-on dire, est loin d'être identique à celle d'un billet de banque. Lorsque le patient paie avec un billet, il "touche du doigt" la dépense qu'il effectue pour dépasser ses limites et progresser dans la vie. Il accorde d'autant plus d'importance au contenu de la séance de travail qu'il vient d'effectuer, surtout dans une société dont l'argent se dématérialise de plus en plus !

On m'a parlé de l'effet "retard" en hypnose. Qu'est-ce que c'est ?
Pour faire un parallèle avec l'induction hypnotique, on ne sait jamais de prime abord si le patient va entrer en hypnose dès les premières minutes de la séance, ou bien au bout de cinq minutes, ou bien de dix... On ne sait pas non plus s'il va dès la première fois entrer dans une transe profonde, ou plutôt légère... Eh bien de la même façon, il y a des patients dont le changement s'opère instantanément, en une seule séance. Chez d'autres, il s'opère progressivement, de séance en séance. Et enfin, il arrive que chez certaines personnes, le changement se déclenche plusieurs jours, voire plusieurs semaines après l'issue de la thérapie. C'est çà, l'effet "retard" de l'hypnose. C'est un peu comme si l'inconscient avait besoin de ce temps de latence pour organiser, pour préparer au mieux le changement.

Au bout de combien de séances faut-il cesser l'hypnose si l'on n'obtient pas de résultats ?
C'est une vieille idée reçue de croire que l'hypnose ne "marche" pas sur tout le monde. Il y a une toute petite partie de la population qui n'est pas perméable à la suggestion et cela peut s'expliquer, même si c'est un peu long. La plupart du temps, ces personnes ne persévèrent pas au-delà de deux séances. Leur "imperméabilité" est une protection et tant qu'elles ne sont pas prêtes à travailler sur cette protection, il est inutile d'insister. Mais encore une fois, je parle là d'une infime minorité. Pour les autres, je crois simplement qu'il y a un temps pour tout. Un temps où nous sommes prêts pour le changement, et un temps où nous croyons que nous sommes prêts. Or, si vous croyez seulement que vous êtes prêt et que vous ne l'êtes pas réellement, vous pourrez choisir n'importe quelle approche thérapeutique, vous n'obtiendrez pas les résultats escomptés. Cela signifie que, si l'on arrête sa thérapie par hypnose, ce n'est pas parce que l'hypnose ne "marche" pas ; c'est parce que le temps du changement n'est pas encore venu et qu'une partie de nous a besoin du symptôme. Cela peut vous choquer mais c'est ainsi. Il faut accepter de parler des résistances au changement, qui sont souvent très fortes...

On dit que, pour pratiquer l'hypnose, il faudrait avoir un "don" : c'est vrai ou c'est faux ?
C'est faux ! L'hypnose est une technique et, comme toute technique, elle peut s'apprendre. Après, ce qui fait la différence entre plusieurs personnes qui auraient appris cette technique, c'est... disons le talent ! Mais c'est la même chose pour tous les apprentissages, n'est-ce pas ? Sur dix personnes ayant appris à jouer du piano, il y en aura très peu qui joueront de cet instrument avec un réel talent.

On dit que l'hypnose ne ferait qu'effacer des symptômes : vrai ou faux ?
C'est faux ! Comme dans beaucoup d'autres thérapies, le praticien peut effectivement s'attacher à faire disparaître un symptôme, mais il peut aussi rechercher avec le patient les raisons, souvent inconscientes, qui ont donné naissance à ce symptôme. Dans le premier cas, il utilisera purement et simplement la suggestion. Dans le second cas, il proposera au patient d'entamer une hypnoanalyse car il n'est pas forcément bon de faire disparaître un symptôme...

On dit aussi qu'il faut avoir une maladie pour se faire traiter par hypnose...
C'est toujours faux ! L'objectif d'une thérapie par hypnose n'est pas forcément de guérir de quelque chose. Certaines personnes sont poussées par un désir d'évolution personnelle. On peut ne connaître aucun problème particulier, ni physique ni psychologique, ni relationnel, mais avoir envie de mieux se connaître afin de faire davantage de sa vie. Dans ce cas, une hypnoanalyse permet de comprendre qui nous sommes et pour quelles raisons nous sommes ainsi. En nous dévoilant leur origine véritable, elle éclaire d'un jour nouveau nos penchants, nos attirances et nos répugnances, nos peurs, notre comportement familial, affectif, social. Elle souligne les raisons de nos échecs et de nos réussites. Elle nous permet ainsi de progresser. On voit souvent l'hypnose comme un outil de guérison ou de changement ; c'est aussi un outil de progrès.

C'est vrai que tous les hypnotiseurs utilisent les mêmes techniques ?
Bien sûr que non ! Tout d'abord, il y a "hypnotiseur", "hypnothérapeute" et "hypnoanalyste". Le premier fait du music-hall, le second de la thérapie essentiellement symptomatique, le troisième de l'analytique. Par ailleurs, l'hypnothérapeute soigne effectivement la plupart du temps des maladies, c'est-à-dire qu'il intervient sur des symptômes, alors que l'hypnoanalyste s'intéresse à des malades, à des individus toujours uniques, ce qui est fondamentalement différent. Cela signifie qu'il doit faire preuve d'une grande souplesse, d'une grande capacité d'écoute pour s'adapter à la personne qui est en face de lui. Aussi bien pour induire l'état hypnotique que pour exploiter l'état hypnotique, il utilisera donc des méthodes différentes, en harmonie avec une personne donnée.

Je suppose que vous avez entendu maintes fois l'idée selon laquelle l'hypnose, pour que ça marche, il faut y croire ! Qu'est-ce que vous répondez ?
Que c'est faux ! D'abord, ceux qui n'y croient pas n'iront probablement jamais voir un hypnothérapeute, ou alors, ils sont incohérents avec eux-mêmes. Donc, je ne vois pas l'utilité de débattre d'une question aussi stérile. Si vous ne croyez pas à l'efficacité de l'acupuncture ou de la psychanalyse, vous n'allez pas voir un acupuncteur ou un psychanalyste ! Ce qu'on peut répondre en revanche, c'est que nous sommes tous hypnotisables, mais que nous n'entrons pas tous dans l'état hypnotique de la même façon. D'où la souplesse dont je parlais il y a un instant, cette souplesse avec laquelle le thérapeute doit s'intéresser à ses patients. Il ne va pas calquer sur chacun d'entre eux un protocole standard. Il existe quantité de moyens de permettre à quelqu'un d'entrer dans l'état hypnotique, que ce soit à des fins thérapeutiques, ou de détente, ou d'évolution personnelle. Ce qu'il faut trouver, c'est LE moyen qui conviendra à telle personne.

Quand on dit que l'hypnose est une thérapie brève, vous êtes d'accord ?
Oui, bien sûr ! Cela ne signifie pas que l'on obtient des résultats en claquant des doigts, mais le nombre de séances en hypnothérapie n'a rien à voir avec des approches thérapeutiques plus traditionnelles. Ceci dit, il faut en finir avec l'idée que l'hypnose peut résoudre tous les problèmes en une seule séance. Seuls de très rares cas sont justiciables d'une séance unique. Et encore !... cela dépend de la structure, au sens analytique, de l'individu, et de la pratique propre à chaque thérapeute.

Juste de sa pratique ?...
Et aussi comme je l'ai dit il y a un instant... de son talent...