Introduction à l'hypnose clinique




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Hypnose et dépression

On dit souvent que c'est à l'approche de l'hiver que se manifestent les symptômes dépressifs. Bien sûr, le temps gris et pluvieux, le repliement chez soi ne sont pas les raisons premières d'une dépression mais il est vrai qu'ils constituent parfois un phénomène déclenchant, créant les conditions favorables à l'activation ou à la réactivation de symptômes dépressifs. Ceci étant, on peut bien évidemment sombrer dans la dépression à n'importe quel moment de l'année.

Quand on n'arrive plus à agir, à avancer, à continuer, quand on n'a plus de goût à rien, plus de projet qui nous motive, vient un moment où il faut rechercher une aide extérieure. D'abord, il faut bien se persuader d'une chose : sur une personne dépressive, les pseudo-conseils des proches dans le genre "secoue-toi, ne te laisse pas aller, un peu de volonté que diable, etc..." ne sont strictement d'aucune aide pour la personne en souffrance. Ils produisent au contraire l'effet inverse de la stimulation souhaitée. La dépression, en effet, n'est pas une faiblesse, ni un état d'âme. C'est une maladie qu'il faut soigner.

D'une façon générale, le médecin prescrit dans ce cas-là des antidépresseurs. Ces médicaments sont une aide précieuse qu'il faut accepter. Quand on se casse une jambe, on n'a pas honte de marcher avec des béquilles. Utilisés pendant une courte période et sous surveillance médicale, les antidépresseurs aident à supporter un événement ou une période difficile. Mais ils ne font pas tout. Il faut bien, un jour ou l'autre, affronter le problème. La psychothérapie s'impose alors. Qu'elle soit comportementale ou analytique, corporelle ou verbale, elle souligne le lien fondamental qu'il y a entre "maladie" et "mal à dire". Ne pas pouvoir exprimer certaines informations, certains sentiments, conscients ou inconscients, cela finit par nous rendre malade. Il faut alors une oreille attentive, bienveillante et compétente. Il faut un guide pour accompagner la personne sur le chemin de la douleur, lui tenir la main tant que sa marche est mal assurée, puis lui faire retrouver son autonomie.

Le chemin qui nous permet de retrouver un équilibre de santé psychique n'est jamais une promenade de santé, mais les retrouvailles avec l'harmonie ne passent pas forcément par une démarche longue de plusieurs années. Le patient a aujourd'hui à sa disposition une large palette de thérapies au sein de laquelle il peut trouver celle qui lui convient. Parmi ces thérapies, il y a les thérapies par hypnose.

L'hypnose permet en premier lieu d'induire un état d'apaisement musculaire et psychique. Or, on sait combien la dépression s'accompagne souvent de tensions musculaires et de "pensées tendues" et ce, malgré l'apparente apathie du dépressif. L'état hypnotique est propice à un relâchement des tissus et aussi des pensées dont il défait les noeuds.

L'état hypnotique facilite également la remontée d'un matériau inconscient qui va permettre d'apporter un éclairage nouveau à la situation vécue, en l'expliquant par exemple à la lumière d'expériences déjà vécues par le patient dans le passé. Il s'agit là de replacer ce que l'on vit aujourd'hui dans un contexte plus vaste et surtout plus compréhensible. On cherche à permettre au patient de voir la situation avec une autre paire de lunettes, on lui apprend à se positionner différemment par rapport à son état afin de pouvoir changer de perspective.

Enfin, n'oublions pas qu'une personne dépressive est enfermée dans une statique. Il faut l'aider à sortir de cette immobilité et recréer chez elle du mouvement. L'hypnose va lui permettre de retrouver rapidement des ressources, une énergie capable de remettre sa vie en mouvement.